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Aurélie C.

infirmière et diététicienne diplômée

Comment diversifier l’alimentation de mon enfant allergique aux protéines de lait ?

Votre enfant a une allergie prouvée aux protéines de lait de vache et il a l’âge de commencer la diversification alimentaire ? Cette allergie bouleverse les repères nutritionnels, et vous avez peut-être des difficultés à aborder ce changement d’alimentation. Quand introduire les aliments à risque d’allergie ? Quoi éviter ? Par quoi les remplacer ? Pas de panique, nous allons vous guider pour cette étape déterminante dans le développement de votre enfant.

Photo de Viktoria Slowikowska provenant de Pexels.com

Traquer les protéines de lait sous toutes leurs formes

Qui sont les responsables de l’allergie de votre enfant ?

Votre enfant est allergique aux protéines contenues dans le lait de vache. Elles sont nombreuses et portent plusieurs noms, que vous pouvez chercher dans la liste des composants des aliments que vous envisagez de proposer à votre enfant : caséine, lactalbumine, lactoglobuline, sérum-albumine bovine, ou encore lactoferrine.

On les retrouve parfois aussi, en plus des appellations citées précédemment, sous les termes de lactosérum, caséine, lactose, protéines de lait, lactoprotéines, caséinate. Rassurez vous, vous allez vite retenir tous ces noms barbares.

Quels produits contiennent ces protéines ?

Pour éviter les protéines de lait de vaches, il convient d’éviter le lait, mais aussi tous les produits fabriqués à partir du lait : yaourts, fromages, crèmes, beurres, babeurres, mais également tous les biscuits et autres plats préparés avec l’un de ces ingrédients tels que la plupart des margarines, certaines compotes pour nourrissons dites “biscuitées”, les plats préparés pour nourrissons, ou les céréales infantiles.

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Attention aussi aux mentions qui peuvent vous induire en erreur : sans lactose n’est pas sans lait !

Attention aux pièges !

Il est important de lire attentivement les étiquettes de chaque produit que vous achetez, y compris ceux que vous avez l’habitude d’acheter, car la recette peut avoir changé sans que cela ne soit indiqué clairement aux consommateurs.

Sachez aussi que certaines protéines du lait de vache sont présentes dans les laits d’autres mammifères (on retrouve la caséine dans les laits de brebis et de chèvre), ou dans la viande bovine (sérum-albumine bovine). D’autres sont très comparables à une protéine du soja ; l’ingestion de soja peut donc provoquer des réactions allergiques identiques à celle qu’a votre enfant en présence de lait de vache. C’est ce que l’on appelle une “allergie croisée”, impliquant qu’il faut aussi éviter les aliments “ressemblant” à l’allergène identifié au départ.

Les allergènes, dont le lait, sont souvent soulignés ou indiqués en gras dans les ingrédients, pour être retrouvés plus facilement.

Attention aussi aux mentions qui peuvent vous induire en erreur : sans lactose n’est pas sans lait ! L’allergie concerne la protéine du lait, tandis que lactose est le sucre du lait. Aussi, un lait sans lactose est un lait qui contient toujours ses protéines, donc reste allergisant.

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L’introduction des nouveaux aliments

Les produits laitiers

Comme nous vous l’avons déjà dit, certaines protéines du lait de vache sont présentes dans les laits d’autres mammifères (on retrouve la caséine dans les lait de brebis, de chèvre), ou la viande bovine (sérum-albumine bovine), et certaines protéines du soja peuvent provoquer des réactions allergiques chez un enfant allergique aux protéines de lait de vache.

Aussi, selon les protéines impliquées dans l’allergie de votre enfant, votre pédiatre, allergologue ou médecin traitant peut émettre des recommandations d’éviction de tout ou partie de ces allergènes dits “croisés”.

Photo de Alex Green provenant de Pexels.com

Les autres allergènes

En revanche, en ce qui concerne les autres allergènes fréquents, l’allergie de votre enfant ne modifie pas la façon dont vous devez les introduire : les céréales contenant du gluten, les oeufs, les poissons, les crustacés, les mollusques, les fruits à coque, l’arachide, le céleri, la moutarde, le sésame, le lupin doivent être introduits entre 4 et 6 mois, en même temps que toutes les autres familles d’aliments, surtout si ces aliments sont habituellement consommés par le reste de la famille. En effet, il a été démontré que l’enfant qui goûte tôt et de façon répétée un aliment, même à risque, développe une plus grande tolérance.

Substituer les laitages dans l’alimentation de l’enfant

Puisque vous ne pouvez pas donner de lait à votre enfant, il est important de connaître sa composition, et les aliments qui vous permettent de lui apporter les mêmes choses : le lait est composé d’eau, de matières grasses, de protéines, de sucres, de sels, de vitamines en faible quantités, de minéraux dont le calcium, de phosphore, de magnésium, de potassium. En somme, rien qui ne puisse être apporté par le reste de l’alimentation de l’enfant, à condition que celle-ci offre la plus grande variété possible.

Le calcium

Le calcium, qui cristallise le plus grand nombre d’inquiétudes, se trouve en quantité importante dans les légumes verts (cuits de préférence à la vapeur pour en préserver les qualités nutritionnelle), les fruits à coque, ou encore dans certaines eaux minérales à choisir parmi celles indiquées comme adaptées à l’alimentation des nourrissons.

Le phosphore

Le phosphore sera trouvé dans les viandes, poissons, oeufs, et notamment les poissons gras.

Les matières grasses

Les matières grasses peuvent être apportées par les huiles végétales ou par des yaourts végétaux natures de coco, qui sont ceux qui, en terme de composition, se rapprochent le plus d’un yaourt nature de lait de vache (matières grasses, protéines, sucres).

La vitamine D

La vitamine D est présente essentiellement dans les poissons gras (sardine, saumon, maquereau, hareng) ou le jaune d’œuf, mais ceux-ci ne suffisent pas à couvrir les besoins de l’enfant : dans la population infantile générale, on estime que les 2/3 des apports alimentaires en vitamine D sont couverts par le lait et les produits laitiers. La supplémentation en vitamine D est donc particulièrement importante et nécessaire chez votre enfant.

Le lait infantile

Enfin, jusqu’à un an, le lait maternel ou le lait infantile hydrolysé ou d’acides aminés reste l’aliment principal de l’enfant. Il reste recommandé jusqu’à l’âge de 3 ans. Il peut être utilisé pour cuisiner, (crêpes, laitages maison...), ou encore être incorporé dans les soupes et purées.

Attention : les boissons végétales, que l’on retrouve souvent sous l’appellation de « lait » (d’amande, de noisette, de riz, d’épeautre…) ne répondent pas aux besoins nutritionnels des enfants de moins d’un an, même lorsqu’ils sont enrichis en calcium, et sont donc à proscrire.

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À retenir

Avec une alimentation variée, votre enfant reçoit tout ce dont il a besoin pour grandir en bonne santé, même sans lait de vache.

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À faire

Lisez attentivement les étiquettes à la recherche de composants de lait de vache, ou d’allergènes potentiels.

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À suivre

Si votre enfant a plusieurs allergies ou s’il est sélectif dans son alimentation, demandez conseil à un professionnel de santé.

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