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Dr Thanh Agullo

Le refus anxieux de l’école : le reconnaître et comment réagir ?

Le refus anxieux de l’école atteint environ 4 à 6% des enfants en âge scolaire. Il est défini par le refus d’aller à l’école et le développement de réactions d’anxiété ou de panique très fortes lorsqu’on essaye de forcer l’enfant à y aller. On parle aujourd’hui plus de « refus anxieux » que de phobie scolaire car la phobie regroupe des situations diverses et variées, alors que le terme anxieux laisse envisager la racine principale de ce problème, qui est l’anxiété.

Photo de Biloba

Quels en sont les symptômes et les caractéristiques ?

A quel age survient il ?

Le refus anxieux de l’école se manifeste en priorité chez 3 tranches d’âge :  5-7 ans,  10-11 ans, et 12-15 ans, mais peut aussi survenir chez les enfants plus jeunes. Plus l’enfant est jeune, plus il est difficile de différencier un refus anxieux de l’école d’une angoisse de séparation simple.

Comment commence-t-il ?

Le début de ce type de problème est le plus souvent progressif, sur plusieurs mois, mais il peut aussi parfois être plus brutal, surtout chez l’enfant jeune.

Chercher, et idéalement trouver, un facteur déclenchant (un traumatisme, une agression, du racket, etc) est souvent très utile, mais parfois, même après un interrogatoire poussé, on ne comprend pas ce qui a pu entraîner ce problème.

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Le refus anxieux de l’école atteint environ 4 à 6% des enfants en âge scolaire.

Comment se manifeste t’il ?

Pour un enfant qui souffre d’un refus anxieux de l’école, le moment difficile que l’on appelle “moment phobique” est le moment du départ à l’école : l’enfant panique, est inaccessible à tout raisonnement, et peut se plaindre de différentes choses ( maux de ventre, maux de tête, nausées, vomissements…).

En dehors des moments phobiques, l’enfant est calme, coopérant, il promet d’aller à l’école plus tard. Malheureusement, il n’arrive pas à tenir ses engagements, malgré sa bonne volonté.

Souvent, se met alors en place un cercle vicieux : le retard accumulé entretient la phobie, l’enfant est de plus en plus angoissé par son éventuel retour à l’école. Il craint le jugement des élèves et des professeurs, il développe une honte et nourrit une image négative de lui-même. En revanche, l’enfant ne refuse habituellement pas de travailler à la maison, et peut même montrer un hyper investissement.

On observe souvent chez les enfants atteints de ce problème des difficultés d’endormissement, des phobies, des TOCs, ou des affects dépressifs.

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Y a t’il des enfants plus à risque ?

Chez les plus petits, il est souvent noté une anxiété de séparation, c’est-à-dire une difficulté à se séparer de leur père et de leur mère, qui sont ce que l’on appelle des “figures d’attachement”.

Chez les collégiens ou les lycéens atteint, le jugement des autres est habituellement redouté, et des signes de phobie sociale sont présents : le jeune ne supporte plus l’image négative que les autres pourraient lui renvoyer.

Très souvent, ce refus anxieux atteint des jeunes ou des enfants perfectionnistes, qui ont une anxiété de performance: ils veulent excessivement bien faire, et se mettent une pression trop lourde à porter, deviennent trop anxieux de leurs résultats qui doivent être, selon eux, parfaits.

Photo de Caleb Oquendo provenant de Pexels.com

A contrario, certains enfants peuvent avoir des troubles des apprentissages qui vont petit à petit les décourager ; il vont alors préférer éviter cette situation génératrice d’angoisse difficile à surmonter.

Enfin, un refus de l’autorité chez des jeunes qui ont du mal à respecter les règles peut nourrir ce refus anxieux de l’école. Ces jeunes auront du mal à trouver un sens au système scolaire et préfèreront ne pas s’y soumettre.

D’autres raisons peuvent contribuer à ce problème, il est important de pouvoir creuser suffisamment pour comprendre les tenants et aboutissants de ce qui se passe pour ce jeune ou cet enfant en souffrance.

Quelle est la prise en charge de ce problème ?

Favoriser le retour à l’école

L’idéal est d’éviter que ce problème ne dure et ne devienne chronique. Il faut essayer le plus possible de favoriser un retour rapide à l’école. La vie à la maison peut entraîner des « bénéfices secondaires » (télévision, modifications des habitudes alimentaires ou du rythme de sommeil...) qui risquent de conforter l'enfant ou l'adolescent dans sa situation, et l’angoisse du retour peut encore augmenter si la situation perdure.

Mettre en place une prise en charge

Il est également très important que l’enfant puisse être pris en charge, et qu’il puisse commencer une psychothérapie, dans le cadre d’une collaboration étroite entre le pédopsychiatre, l’école, et l’enfant.

Des aménagements scolaires sont parfois envisagés pour permettre une réintégration progressive, de même qu’un traitement médicamenteux léger dans certains cas.

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À retenir

Ce n’est pas de la mauvaise volonté ou de la « flemme » de la part du jeune ou de l’enfant. Ce problème n’est pas à prendre à la légère.

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À faire

Une prise en charge précoce par un professionnel en collaboration avec l’école est indispensable.

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À suivre

Des symptômes variés et divers peuvent être associés à ce type de problème, ils doivent donner l’alerte.

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